Sa construction s'échelonna de 1843 à 1862, date à laquelle il fut considéré comme opérationnel. Cependant, il ne recevra ses pièces d'artillerie qu'en 1868, la décision ministérielle du 2 décembre 1867 ayant porté son armement à 88 pièces de défense et 27 pièces de sûreté et sa garnison à 3.500 hommes, chiffres qui seront maintenus jusqu'en décembre 1874.

     Le fort possède deux portes d'entrée. Au Nord, construite entre deux passages couverts voûtés, la porte de France. À l'Est, la porte de Suisse, protégée par un pont-levis à la Poncelet et couverte par une importante tenaille, est considérée comme la porte principale.

     Le fort des Rousses a été doté de trois casernes monumentales. Aucune source n'alimente les réserves d'eau et seules les eaux recueillies sur les terrasses des bâtiments après les pluies ou la fonte des neiges, remplissent les citernes installées sous chaque bâtiment.

     L'apparition du canon rayé en 1858 le rendit brutalement trop vulnérable pour qu'il puisse encore assumer sa mission. La réorganisation nécessaire du fort des Rousses, dès lors qu'on voulait lui conserver quelque utilité, ne commença véritablement qu'à partir de 1884 et s'échelonna jusqu'en 1887. Ainsi réhabilité, le fort des Rousses, à la fin de l'année 1885, voyait son armement et sa garnison atteindre des chiffres impressionnants, bien éloigné de ce qui avait été prévu dix ans plutôt, à savoir 80 pièces et 1.688 hommes! Et pourtant, dès 1899 il fut inscrit parmi les ouvrages de 3° classe et les travaux entrepris pour l'aménagement des nouveaux abris sous-roc furent, de ce fait, immédiatement arrêtés.

     Mis à la disposition de la Croix-Rouge entre les deux guerres, il eut alors une activité beaucoup plus civile que militaire.

     Après la Seconde Guerre mondiale, le fort des Rousses devient Centre régional d'entraînement physique militaire et de ski, puis fut occupé par différents bataillons. En 1966, il abritait le Centre d'entraînement commando du 23° régiment d'infanterie, affectation qu'il conservera jusqu'en juin 1997 date de son abandon par l'armée.

     Le fort des Rousses fut baptisé, en 1985, «fort Henri Martin».


     Il est aujourd'hui occupé par des sociétés privées, et principalement par la fromagerie Arnaud qui ayant pris conscience de l'intérêt de ce patrimoine architectural, l'a magnifiquement restauré et le fait maintenant découvrir au public.

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